• MAURICE VARNIER mon arrière grand-père

    MAURICE VARNIER mon grand père

    Maurice Varnier était sous-préfet de Sidi-Bel –Abbès au moment où M. Jonnart fut nommé Gouverneur. C’est là que le nouveau gouverneur   lui confia l’emploi de Haut Commissaire qu’il a tenu pendant des années 

    Lors du voyage du Président Loubet,  il a été nommé Gouverneur du Maroc Oriental par intérim quand M. Révoil fut relevé de ses fonctions, à la veille de ce voyage.

    MAURICE VARNIER 1851-1919  

    Article paru dans le journal « Les tablettes Marocaines du 6 décembre 1913" au décès de Maurice Varnier.

    Signé du Général Lyauté  

     Titre :    Monsieur Maurice Varnier – Haut Commissaire- du Gouvernement

    "C’est avec une profonde douleur que la population de l’Amalat a mardi soir, appris la nouvelle de la mort de M. Maurice Varnier Haut Commissaire du Gouvernement de la République dans le Maroc Oriental.

    Déjà le 30 octobre, elle avait voulu témoigner à M. le Haut Commisssaire lors d’un départ, qu’elle présentait définitif, les marques nombreuses de la sa respectueuse  sympathie. Et Maurice Varnier, par la foule qui se pressait devant sa résidence, fonctionnaires, commerçants, notables indigènes et Français, avait pu juger de l’attachement affectueux de la ville pour celui qui avait été depuis 1911 un cher éclairé et un administrateur dévoué.

    Aucun chef n’a su d’ailleurs se concilier come lui l’attachement et la reconnaissance de la population.

    M. Varnier après une rapide et brillante carrière, successivement administrateur, sous-préfet, avait été, tout jeune, nommé secrétaire Général du Gouvernement Général de l’Algérie. Il avait pu dans ce poste difficile, déployer toutes les ressources de son activité et de son intelligence.

    Il venait de prendre une retraite bien méritée, quand, en 1911, à la suite des incidents Toutée-Destailleurs, il était appelé par M. le Général Lyautey à la tête du Maroc Oriental en proie à la confusion et à l’anarchie, pour liquider avec pleins pouvoirs, une situation embrouillée et pénible.

    C’est que l’homme était et se sentait à la hauteur de la tache.

    Servi par des qualités exceptionnelles, esprit hardi et organisateur, intelligence lucide et vaste, connaissance et pratique approfondie de tout ce qui est nécessaire à un chef du gouvernement, mémoire extraordinaire, caractère froid et réfléchi, volonté de fer dans un corps qui ne paraissait pas sentir les atteintes des ans et surtout haute conscience de désintéressement et de probité, M Varnier était bien le Haut Commissaire qu’il fallait pour réorganiser ou plutôt pour créer le Maroc Oriental.

    Avec la collaboration d’auxiliaires dévoués qu’il avait su choisir et retenir auprès de lui, il commença cette œuvre de créations aujourd’hui presque terminée.

    Ravitaillement, finances, travaux publics, enseignement, services civils, prévoyance sociale, il n’y a aucune branche de l’administration qu’il n’ait ou créée ou développée avec une compétence et une activité inlassables.

    Là où tant d’autres en France et en Algérie ont échoués, il organisa merveilleusement pendant la guerre le service de ravitaillement : vente par la ville des œufs, bois, charbon, sucre, taxation des denrées. Grâce à ces sages mesures, la population de l’Amalat n’a pas eu à connaître les dures privations de ses frères de la métropole.

     

    Il refondit les finances, établit l’assiette des perceptions et des impots, et le Maroc Oriental vit un budget – le seul des budgets de guerre – qui comportait des excédents de recettes et permettait de faire d’Oudjda, d’une ville depuis si peu de temps Française, presque l’égale, au point de vue des travaux d’utilité et d’embellissement, des plus anciennes villes de l’Algérie.

    Malgré la guerre, malgré la rareté de la main d’œuvre et des matériaux, Oujda possède aujourd’hui grâce à l’initiative énergique de son Haut Commissaire, des routes bordées d’arbres, des jardins publics, des égouts, de nombreuses écoles ; Andrieu, Bob EL-Khenius, des Boulevards, des collèges, un hôtel des postes, un marché, des crèches, des infirmeries indigènes, un hôpital, etc…

    C’est là une œuvre grandiose et celui qui l’a conçue et réalisée peut en être fier.

    M. Varnier allait prendre sa retraite le 1er janvier 1919, c’est chose faite, en pleine activité, en service, pour user du terme consacré, qu'il disparait, mais avec la haute satisfaction du devoir accompli et la vision magnifique de son œuvre presque achevée ;

    Une glorieuse récompense d’une si belle carrière l’attendait au 1er janvier : la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur. La mort, pressée et brutale n’a pas permis, hélas, à M. le Général Lyautey de l’attacher au coup de son collaborateur si zélé et précieux.

    M. Varnier disparait mais son œuvre reste, impérissable et féconde et resteront aussi ces ligues émues, cette belle citation, cette épitaphe élogieuse qu’est le télégramme adressé par le Général Lyautey à M. le contrôleur civil d’Oujda :

    « Apprenant le décès de Maurice Varnier, je prie le Général Cherrier, commandant la Division d’Oran qui occupait naguère hautes fonctions au Maroc, de me représenter personnellement aux obsèques à Alger et je désigne le Capitaine Lemaréchal pour l’y accompagner en le chargeant de s’entendre avec le Général Cherrier pour déposer en mon nom une belle couronne.

    Veuillez aviser et mettre en route le Capitaine Lemaréchal, je désirerais également que vous y envoyiez fonctionnaires indigènes ainsi que tous fonctionnaires et agents que vous jugerez possible.

    Je vous prie de faire connaître à la population d’Oudjda, les sentiments dans lesquels je m’associe à ses regrets de la perte de cet éminent Administrateur qui laisse à Oudjda une œuvre impérissable, rendez-moi compte.

    Lyautey »

  • BIOGRAPHIE

    Né à Valence (Drôme), le 15 janvier 1851, il vint très jeune en Algérie

    Son père, occupait un emploi très modeste à la sous-préfecture de Miliana ; puis fut plus tard sous-chef de bureau à la préfecture d’Alger, et termina sa carrière comme secrétaire Général de la préfecture d’Oran.

    Sa mère était la fille d’un colon de la première heure :  Hugues Milhot de Vernoux, qui fut, candidat à l’Assemblée Nationale.

    Lorsqu’éclata la guerre de 1870, Maurice Varnier n’hésita pas à s’engager volontairement. Incorporé au 2ème régiment de Zouaves, il fit campagne avec la malheureuse armée de l’Est.

    C'est à cette époque qu'il se maria et fut quelques temps employé à l’assistance publique à Paris ; mais l’Algérie l’attirait et il revint en 1872 à Oran, ramené par le Préfet M. Massias. En 1874 il est nommé chef du bureau civil de la division.

    Lorsque la substitution du  régime civil au gouvernement militaire fut enfin décidée et où la création des communes mixtes réalisa cette substitution, Maurice Varnier fut nommé administrateur de la commune de la Mekerra. Mais il ne resta pas longtemps dans ce poste : nous le retrouvons dans la commune mixte du Haut-Sébaon, où il fonde Azazga ; puis, successivement il occupe les postes de Mascara, de Zemmora, de l’Hillil. Partout il se fait remarquer par son activité et son esprit d’initiative.

    Mais l’administrateur, investi en principe de pouvoirs très étendus, est en fait, tenu en lisière par une règlementation étroite et tracassière qui paralyse ses efforts ; il ne se lasse pas de montrer les vices d’une organisation défectueuse. Ses rapports, qui ne manquent pas parfois de soulever de mesquines colères, sont lus et appréciés en haut lieu et lorsque Burdeau, chargé par la commission du budget, de l’examen du budget du service de l’Algérie, vient en 1891, pour procéder à l’enquête dont il a consigné les résultats, dans ce rapport sur le budget de 1892 – qui a été le point de départ de toutes les réformes réalisées depuis, en Algérie – C’est Maurice Varnier que, d’une voix unanime, on lui indique comme pouvant le mieux le renseigner sur les vices et les défectuosités de la machine administrative Algérienne.

    Burdeau n’oublia jamais son collaborateur occasionnel et il disait à M. Jonnart, à qui il fut donné de réaliser ce vœux : « si je vais jamais en Algérie comme Gouverneur, mon secrétaire général est tout choisi : ce sera un administrateur nommé Varnier. »

    M. Varnier était sous-préfet de Sidi-Bel –Abbès au moment où M. Jonnart fut nommé Gouverneur. C’est là que le nouveau gouverneur vint le prendre pour lui confier l’emploi qu’il a tenu pendant des années.

    Lors du voyage du Président Loubet,  il fut nomé Gouverneur général du Maroc par intérim quand M. Révoil fut relevé de ses fonctions, à la veille de ce voyage.  

    Maurice Varnier pris sa retraite en 1911. Cette mise à la retraite arrivant au moment où les délégations financières allaient se réunir en présence d’un gouvernement nouveau, resté étranger aux affaires Algériennes depuis son passage à la Préfecture d’Alger, fut pour Maurice Varnier, l’occasion qui détermina son entrée dans une nouvelle carrière.

    1911-1919 HAUT COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT 

    Le Gouverneur Général Lutaud avait exposé au président du conseil les raisons qui lui faisaient souhaiter le maintient de Maurice Varnier à la tête de l’administration Algérienne, au moins jusqu’à la fin de la session des délégations.

    Le scandale Toutée-Destailleurs se produisit à ce moment. Il fallait trouver un fonctionnaire au courant des affaires Nord Africaines, n’ayant aucune attache avec le ministère des affaires Etrangères ou de la guerre, intéressés directement dans la querelle du Général Toutée et du consul Destailleurs : M. Caillaux jugea avec raison que Maurice Varnier était l’homme tout indiqué. Maurice Varnier fut demandé par télégramme à Paris et nommé séance tenante, après une courte entrevue avec le Président du Conseil: «je vous nomme Commissaire du Gouvernement"

     VOYAGE DU PRESIDENT LOUBET EN 1903



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